Publié 23 juin 2014
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Thesis
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Conflit ivoirien et identite politique des jeunes ruraux en pays agni
Créateurs
- 1. Université Alassane Ouattara
- 2. UFR Communication, Milieu et Société
Contributeurs
Supervisors:
Description
"Cette étude sur la mobilisation des jeunes dans le département de Bettié, à l'Est de la Côte d'Ivpire, est une contribution à l'analyse et à l'interprétation des spécificités socio-régionales de l'engagement des jeunes dans le contexte du conflit militaro-politique (septembre 2002-avril 2011). Ainsi, à partir de situations de mobilisation, moins violentes et éloignées des champs d'affrontements armés, la thèse.analyse comment la participation des jeunes ruraux à un comité d'autodéfrnse participe à la construction d'une identité distinctive des jeunes en milieu rural agni. La production des données de l'étude a largement bénéficié d'un travail collaboratif dans le cadre du programme de recherche sur les Transformations des Guerres. Les entretiens menés avec des jeunes barragistes, des jeunes non barragistes indifféremment de leur, appartenance ethnique, des cadres et fonctionnaires ressortissants des localités d'étude, des autorités administratives locales, des politiciens et élus locaux et, des membres du pouvoir coutumier ont permis de reconstruire le dispositif de mobilisation des jeunes en 2002, son fonctionnement et les différentes formes de violences qui lui ont été associées. Loin d'être caractéristique de jeunes désespérés ou de jeunes en panne d'insertion sociale, la mobilisation dans le comité de vigilance est revendiquée par une fraction de jeunes autochtones bénéficiant de ressources financières substantielles pour leurs besoins vitaux. Engagés pour protéger les habitants contre des agresseurs extérieurs, les barragistes ont redirigé leur violence sur les populations qu'ils étaient censés surveiller. Identifiés par ces dernières comme jeunes agni ou des sympathisants du FPI, les barragistes ne revendiquent pourtant aucune appartenance politique particulière. Ce repositionnement des mobilisés à partir de la participation aux comités d'autodéfense initie le processus de construction de l'identité politique, qui part du rejet d'une identité «jeune» assignée à l'émergence d'un sujet. Ainsi, au-delà d'un espace d'affirmation identitaire ethnique ou nationaliste, les comités d'autodéfense sont réapprbpriés par les mobilisés comme des espaces desubjectivation politique. Ils s'imposent à partir de leur mobilisation comme une figure particulière de jeune contre leur identité de jeunes ruraux qui les classe comme des individus dominés. L'identité politique des mobilisés prend son sens en référence aux inégalités sociales induites par les problèmes politiques autour du pouvoir coutumier, l'économie agricole locale fortement marquée par l'hévéaculture, et l'institution du tutorat. La démarche adopté pour analyser la position des jeunes ruraux durant le conflit, qui privilégie un point de vue ""constructionniste"" et processuel, permet de dépasser les analyses dichotomiques opposant autochtones et'étrangers et partisans et opposants politiques ou encore d'associer mécaniquement la violence aux groupes de jeunes les plus défavorisés.Mots-clés : Conflit, Mobilisation violente. Jeunes ruraux. Barrage d'autodéfense. Identité politique, Tutorat, Milieu rural, Agni, Côte d'ivoire."
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